dimanche 6 novembre 2011

Gerald Edelman, théoricien de la conscience


Les travaux du neurobiologiste Gerald Edelman ont l’ambitieux projet de définir les propriétés clés de la conscience qui sont pour lui fondamentalement : 1) l’intégration, car chaque expérience consciente est unique et indivisible ; 2)  la différenciation, car le nombre d’états de conscience que l’on peut éprouver en quelques millisecondes est immense. Partant de cela, la question est de savoir quels peuvent en être les substrats neuronaux.

Pour Edelman, la conscience est un pro­cessus non causal alors que sa base céré­brale possède une efficience fonctionnelle. À chaque moment, la conscience est d’une seule pièce et toute l’expérience passée est engagée pour for­mer la conscience intégrée de ce moment singulier – c’est ce qu’il nomme le « pré­sent remémoré ». Le fait qu’une aire céré­brale puisse être essentielle ou nécessaire à la conscience ne signifie pas qu’elle est suffisante – tel ou tel groupe de neurones dans telle ou telle aire corticale peut d’ailleurs contribuer à l’activité consciente à un moment donné et pas au suivant. Son hypothèse est qu’il s’agit d’un « noyau dynamique », rassemblement de groupes neuronaux qui à un moment donné interagissent plus entre eux qu’avec les autres groupes neuronaux.
Edelman rejette donc l’idée selon laquelle le cerveau s’apparenterait à un quelconque modèle instructionniste reposant sur des programmes et des algorithmes. Il propose un modèle sélectionniste qui raisonne en termes de populations de neurones et s’appuie sur la sélection d’éléments ou états particuliers tirés d’un vaste répertoire de possibilités. Pour lui, le processus de la conscience est une manifestation dynamique de l’activité des cartes neuronales réparties dans de nombreuses aires différentes du cer­veau.


Lire la suite :